
Accord du participe passé en français : règles et pièges
Être, avoir, COD avant, verbes pronominaux, « en », infinitif… L’accord du participe passé en français paraît capricieux, mais il suit quelques règles claires. Voici le guide pratique.
Accord du participe passé : c’est là que beaucoup hésitent entre « écrite » et « écrit », « vues » et « vu ». Moi aussi au début, je corrigeais mes phrases deux fois. La bonne nouvelle ? Il y a un fil conducteur très simple, puis quelques cas particuliers à apprivoiser avec des exemples.
La règle de base
Deux piliers suffisent pour 80 % des cas. 1) Avec être, le participe passé s’accorde avec le sujet. 2) Avec avoir, il ne s’accorde jamais… sauf si le complément d’objet direct (COD) est placé avant le verbe. Quand le COD est avant, le participe s’accorde avec lui (genre et nombre). C’est tout.
- Avec être : « Elle est arrivée. » (accord au féminin singulier)
- Avec être : « Ils sont partis. » (accord au masculin pluriel)
- Avec avoir : « J’ai pris des notes. » (pas d’accord)
- COD avant : « Les notes que j’ai prises. » (accord au féminin pluriel)
- COD avant : « La lettre qu’il a écrite. » (accord au féminin singulier)
Astuce
Test rapide avec avoir : repère le COD. Est-il avant le verbe ? Si oui, accorde ; sinon, laisse invariable.
Les verbes pronominaux
Les verbes pronominaux se conjuguent avec être, mais l’accord dépend de la fonction de « se ». Si « se » est COD (le verbe est transitif direct : « se voir »), on accorde avec le sujet. Si « se » est COI (verbe construit avec « à » : « se parler »), on n’accorde pas. Et quand un véritable COD suit le verbe, l’accord ne se fait que si ce COD est placé avant.
- Transitifs directs : « Elles se sont vues. » (accord : vues)
- Indirects : « Ils se sont parlé. » (pas d’accord, « parler à »)
- Complément après : « Elle s’est lavé les mains. » (pas d’accord, COD après)
- Complément avant : « Les mains qu’elle s’est lavées. » (accord : lavées)
Trois pièges fréquents
- Le pronom « en » : pas d’accord. « Des erreurs, j’en ai fait beaucoup. » (fait invariable). Par contre, sans « en » et avec COD avant : « Les erreurs que j’ai faites. »
- Participe suivi d’un infinitif (perception) : on accorde si le COD placé avant est le sujet de l’infinitif. « Les enfants que j’ai vus courir. » (les enfants courent → accord). Mais : « Les chansons que j’ai entendu chanter. » (les chansons ne chantent pas → pas d’accord : entendu).
- Avec « faire » et « laisser » + infinitif : invariable. « Je les ai fait rire. » ; « Elles se sont laissé convaincre. » (laissé sans -e ni -s).
Mon expérience
Ce qui m’a débloqué, c’est de poser la question « qui fait l’action ? » et « où est le COD ? ». Pour les pronominaux, je me notais des paires contrastées : « Ils se sont parlé » vs « Elles se sont vues ». En relisant plus tard, le cerveau voit le motif. Petit rituel qui m’a aidé : écrire une phrase sans accord, puis la même avec un COD antéposé. Deux lignes, un déclic.
Comment t’entraîner
Prends 10 verbes courants (voir, prendre, écrire, laver, parler…) et compose deux phrases pour chacun : une sans accord, une avec COD antéposé. Ensuite, ajoute 3 pronominaux (se voir, se parler, se laver) et fais le même jeu. Si tu veux t’entraîner en contexte, le module Phrases de Discus propose des traductions libres et des phrases à trous adaptées à ce sujet. Et pour une vue d’ensemble de la langue, tu peux aussi jeter un œil à notre page français.
Pour aller plus loin
Sur le plan syntaxique, l’accord du participe passé marque l’accord avec l’antécédent quand celui-ci est un complément d’objet direct (COD) antéposé. Avec l’auxiliaire avoir, l’accord est donc conditionné par l’antéposition et la fonction : « les lettres que j’ai écrites » (antécédent féminin pluriel), mais « j’ai écrit des lettres » (pas d’accord). Dans les constructions pronominales, on distingue le pronom réfléchi en fonction de COD (accord : « elles se sont vues ») du COI (pas d’accord : « ils se sont parlé »). Pour les suites participe + infinitif, la règle usuelle retient l’accord si l’antécédent est sujet de l’infinitif (« les enfants que j’ai vus courir ») et l’absence d’accord s’il en est l’objet (« les chansons que j’ai entendu chanter »). Quant à « faire » et « laisser » suivis d’un infinitif, la tradition scolaire prescrit l’invariabilité du participe (ex. « elles se sont laissé convaincre »). Ces principes correspondent à la norme décrite par l’Académie française et demeurent la référence utile pour l’écrit soigné.

Amaury Lavoine
Article rédigé par Amaury Lavoine, fondateur de Discus. Il apprend le swahili au quotidien avec une enseignante kényane — c'est cette pratique qui guide chaque décision produit.
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